Le Samouraï Virtuel – Neal Stephenson
Article rédigé par Flaoua
Parce-que les geeks sont aussi (parfois) des lecteurs, j’ai décidé de vous présenter ici régulièrement des ouvrages que je considère comme des pilliers de la Culture Geek.
J’inaugure cette série d’article avec l’un de mes romans favoris, Le Samouraï Virtuel de Neal Stephenson (titre original : Snowcrash).
Le contexte
Bien que l’envie me vienne de classer ce roman, écrit en 1992, dans la catégorie Cyberpunk, ce n’est pourtant pas exactement le genre qui lui convient. L’action se déroule aux US dans un futur très proche, voire dans une sorte de réalité parallèle de notre époque. Le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique s’est en gros effondré et les grandes villes se sont vidées de leurs habitants, laissant la place à toute une série de Franchulats, des blocs résidentiels franchisés sous haute surveillance.
Les personnages
Le personnage principal se nomme Hiro Protagoniste. Hackeur de génie, ayant participé à la programmation originelle du Metavers (sorte d’Internet en 3d rappelant Second Life), mais refusant de travailler comme codeur pour une grande entreprise, Hiro, au début du roman, gagne sa vie en livrant des pizzas pour la branche commerciale de la Mafia (elle aussi devenue une franchise) et en vendant des informations à la Central Intelligence Corporation, sorte d’évolution commerciale de la défunte CIA. Dans la vraie vie comme dans le Metavers, Hiro se ballade avec deux authentiques sabres de Samouraï japonais et sur sa carte de visite on peut lire “Hiro Protagoniste – Le derniers des hackeurs indépendants – Le plus grand sabreur du monde”.
Vient ensuite Y.T. (prononcer “Whitey”, soit “blanchette” en anglais), 15 ans, amatrice de sensations fortes, qui se fait de l’argent de poche en bossant comme kourrière. Les kourriers sont des livreurs pas comme les autres, montés sur des skate-boards intelligents et utilisant des filins magnétiques pour s’accrocher aux voitures et prendre un maximum de vitesse. Les hasards de la vie conduisent Y.T. a devenir l’associée de Hiro.
Impossible d’en finir avec les personnages principaux sans parler de Raven, tueur à gages psychopathe, dont le cerveau est relié par une puce à une tête nucléaire qui explosera si quiconque le tue.
Ajoutons à cela une floppée de personnages secondaires, comme Tonton Enzo, patron de la Mafia, L. Bob Rife, magnat des télécoms, unique propriétaire du réseau de fibres optiques mondial, et donc, du Metavers, Juanita, super hackeuse et ex-petite amie de Hiro, ou encore la maman de Y.T., programmeuse chez les Feds (résidu du gouvernement des USA).
L’histoire
Honnêtement, impossible de vous faire un résumé de Snowcrash sans révéler toute l’intrigue. Disons que la base de tout est un virus, le Snowcrash, justement. Ce virus a deux formes, l’une informatique et l’autre biologique. La version informatique s’attaque aux hackeurs, dont le cerveau est tellement formaté pour décoder du langage binaire qu’il en est devenu vulnérable, et la version biologique s’attaque à monsieur tout le monde. Le virus s’attaque aux fonctions neuro-linguistiques des individus qu’il infecte et tout le monde se met à parler dans la même langue, comme au temps de la Tour de Babel. Suite à l’infection de Da5id, hackeur et ami de Hiro, celui-ci, aidé de Y.T., enquête sur ce fameux virus et se retrouve plongé dans les mythes sumériens et la manipulation de masse.
Pourquoi il faut lire Le Samouraï Virtuel ?
D’abord pour l’humour décapant de Stephenson, pour sa vision absurde et pourtant pas si délirante que ça d’une Amérique devenue un amas de franchises et de micro-états commerciaux, comme le Grand Hong-Kong de Mr Lee ou les Portes du Paradis du Révérend Wayne.
Pour cette plongée dans les mythes et la culture sumérienne et dans une réflexion jubilatoire sur la propagation de la religion comme celle d’un virus, qui, si elle traine parfois un peu en longueur est réellement passionnante.
Pour les scènes absolument géniales de, en vrac et de façon non exhaustive, livraison de pizza par Hiro, livraison de courrier chez les Feds par Y.T., combat au sabre dans le Metavers ou encore d’attaque d’un pétrolier avec la Gatling géante “Raison”.
Pour ses personnages, surtout, variés, vivants, colorés, complètement fous et terriblement attachants (même les méchants !).
Voilà, je me rends compte que je n’ai pas choisi le roman le plus facile pour inaugurer cette série, mais j’espère sincèrement vous avoir donné envie de lire ce livre parce qu’il en vaut réellement la peine et doit, à mon sens, figurer en bonne place dans la bibliothèque de tout geek qui se respecte

Très belle “critique”, magnifiquement construite !
si je ne me trompe pas, l’auteur est également celui du “cryptonomicon” ? selon moi (je ne me lance pas dans le débat gouts et couleurs), il avait réussi à rendre indigeste une histoire extremement prometteuse avec des thèmes qui m’étaient pourtant chers.
Tu n’as pas parlé de fluidité de lecture, est-ce le cas ici ?