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Joker (DC Comics, Azzarello et Bermejo)

Le même Leitmotiv chez tous les libraires de ma bonne vieille ville de Lille ce samedi. « Il est épuisé, je viens de vendre le dernier il y a à peine quelques minutes ». Tous sauf un (c’était son dernier mais surtout l’ultime magasin!), et me voici donc en main avec l’objet tant convoité. La chasse au trésor en valait-elle le jeu ?

Il est vrai que rien que la couverture a de la gueule, justement c’est celle du super-vilain que je trouve le plus intéressant car le plus intriguant. La mode du panoramique dentaire a encore frappé (similitude avec la couv’ également magnifique de 30 jours de nuit paru chez Delcourt) et celle-ci aurait bien volontiers sa place chez mon dentiste.

Et le bouquin dans tout ça ?

Une vraie claque visuelle !! Certaines planches s’apparentent à de vraies œuvres d’art, je pense en particulier à la planche du Joker sortant de l’Arkham Asylum (j’envisage de la scanner pour m’en faire un poster, c’est dire) ou assis dans un fauteuil avec à ses pieds une montagne de psychotropes pour « se calmer ». On pense immanquablement au regretté Heath Ledger à chaque case mais également parfois à Jack Nicholson dans certains regards. Ah, les influences !

Si vous ignoriez encore que le Joker était violent, cruel, sadique, impulsif, fou ( ?) vous allez le découvrir au décours de séquences chocs : un mafieux écorché vif, un flic ripoux pendu par ses pieds, un trou béant au milieu du crâne… Le livre reste réservé à un public averti.
J’insiste à nouveau sur la beauté graphique de ce one-shot (ce qui est un avantage par ailleurs si l’on n’est pas collectionneur) avec une représentation glauque, sombre, sinistre mais pourtant magnifique de cette bonne vieille ville de Gotham, mais peut-elle l’être autrement ? Représentation également très réaliste, tout comme le sont les autres super-vilains que va croiser notre ami au cours de sa reconquête du pouvoir (il s’agit en effet d’une vendetta, mais je reviendrai plus tard sur le scénario) : Double-face, le Pingouin, E. Nigma…

Et l’homme chauve-souris dans tout ça ?

Si on ne le voit physiquement qu’à la fin du roman, il est pourtant omniprésent, suintant à chaque page, ou par le biais d’une simple réflexion du Joker ou par une simple représentation d’un toit d’immeuble (encore une fois, chapeau bas au dessinateur). L’un n’existe pas sans l’autre !

L’histoire est simple et classique (trop ?).

Le joker est libéré de l’asile d’Arkham, il ne serait plus fou ?! En tout cas, il est fauché, ses anciens comparses se sont redistribués la ville et nous voici donc repartis dans un maelstrom de tueries car notre psychopathe préféré a décidé de reprendre le business d’une manière très personnelle. Pour cela, il sera accompagné d’un ex-taulard, racontant l’histoire par le biais d’une voix-off, qui lui voue le mélange complexe peur/fascination. Comment finira-t-il ? Deviendra-t-il lui-même un caïd craint de tous ? Je vous laisse le découvrir par vous-même. Pour résumer, vous retrouvez ici, une bonne histoire de gangsters avec tous les codes nécessaires et obligatoires au genre. On aime ou pas.

J’avoue néanmoins avoir préféré pour le scénario, l’incontournable (à mon sens) Souriez de Moore car beaucoup plus psychologique, centré sur les origines de la démence du Joker (et de celle du Dark Kgnight ?), et la complexité des rapports de ce binôme indissociable, qui finalement n’existe vraiment que par l’autre. Une critique plus détaillée prochainement.

Quoi qu’il en soit, rien que pour le graphisme époustouflant, une BD à lire (ou à acheter, 18 euros, cher ?) si vous la trouvez…


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